"Le système Coda a été mis au point par un groupe de travail, avec l’accord du chef du Bureau des Bibliothèques de l’époque, sous l’égide de Claudine Brochard, alors inspectrice des bibliothèques de la Ville de Paris. Il respecte, évidemment, cette règle du jeu de base de notre profession selon laquelle "la cote, c’est ce qui sert au classement". C’est donc dès 1991 que le système a été mis en œuvre à la médiathèque. Il se compose de trois signes (une lettre, un chiffre, une lettre) et dégage quinze "classes" désignées par l’initiale, laquelle, pour diverses raisons, ne peuvent être A, I et O (ces deux pour risque de confusion avec 1 et 0), J, P, Q, R. Les quinze classes ainsi obtenues ne concernent évidemment que la collection existante, et non, comme c’est le cas des classifications de type Dewey, l’ensemble des connaissances humaines (en fait, l’ensemble de ce qu’il est possible de classer) : c’est pour cette raison que Coda est un plan de classement.
D’un point de vue théorique, la première lettre désignerait l’armoire, le chiffre (de 2 à 9 seulement, voir ci-dessus) la travée de l’armoire, et le 3e signe la tablette de ladite travée. L’"unité de compte" de Coda se trouve être ainsi la "tablette", ou le "paquet". La "cote de base" ne comporte que trois signes. Lorsque la tablette est pleine, il faut considérer que le concept représenté par la cote est "trop large" et procéder à un "refoulement": soit en se penchant sur les ouvrages de la tablette pour les redistribuer ailleurs, soit en créant de nouvelles cotes pour absorber le trop-plein. Naturellement, pour certaines parts de la collection qu’il est impossible de faire tenir sur une seule tablette, on prévoit un sous-classement alphabétique-auteurs (ou tout autre, les ouvrages sur la peinture ou la photo sont sous-classés au nom du peintre ou du photographe) au moyen des trois premières lettres. On a pris le parti, ainsi, de classer ensemble les ouvrages de littérature d’un auteur et les textes d’histoire littéraire qui lui sont consacrés, (à l’exception des biographies proprement historiques).
La disposition découlant de ce parti (les refoulements) nous conduit naturellement à procéder périodiquement à la refonte de notre système, mais c’est aussi la garantie, pour nous, de connaître précisément notre fonds, l’existence d’indices signifiant définitivement toujours la même chose nous paraissant signe de sclérose mentale. En outre, étant propriétaires de notre système, il nous appartient d’en assurer la maintenance sans faire appel à des instances supérieures. Enfin, le système informatique des bibliothèques de la Ville de Paris nous permet des mises à jour assez simples (on rappelle une cote et on la renomme ; on neutralise l’ancienne ; les titres empruntés sous cette cote ne pourront pas être reclassés (et devront être revus un à un) ; les ouvrages de l’ancienne cote sont reversés dans la nouvelle ou répartis sur d’autres tablettes. Il ne reste qu’à éditer les étiquettes prenant en compte ces modifications. Pour une série d’ouvrages comme les guides touristiques, modification réalisée l’hiver 2001-2002, (dix-huit étagères) l’affaire n’a pris qu’une semaine pour trois personnes. Le système comporte environ une version par an. Le besoin réel d’un système qui a maintenant plus de dix ans serait sans doute une refonte importante, mais le temps nous a manqué, pour le moment, d’une vision suffisamment claire de la situation - et d’un peu de temps! - pour mener à bien cet objectif, qui demeure présent à mon esprit pour les années à venir.
Le système doit dégager (ordre de grandeur) 400 cotes de base fonctionnant plutôt sur le principe des centres d’intérêt, ce qui permet des regroupements intéressants et moins dispersés qu’en Dewey : les ouvrages de et sur Victor Hugo sont ainsi rassemblés sous la cote B2B HUG, et non répartis, comme ce serait le cas en Dewey, entre 840, 841, 842, 844, 845 etc…
Il n’a pas été prévu, pour les ouvrages de fiction, de sous-classement par genre (poésie, théâtre, correspondance, policier etc.) mais la chose serait parfaitement possible : il reste des cotes disponibles ; la démarche, là, tient à une position volontaire des fondateurs du système de ne pas opérer ce genre de distinction. On a cependant prévu de classer à part les ouvrages pour la jeunesse (cotes à l’encre rouge) et d’adapter le classement à ce type d’ouvrages (premières lectures, albums, contes etc.). Les vidéos, elles, sont présentées sous le système Coda : les fictions classées par les 3 premières lettres du réalisateur du film, les documentaires selon les cotes Coda. La discothèque, elle, classée selon le système dit "de la Discothèque de France" ne nous a pas paru relever de Coda parce que l’efficacité du classement y est suffisante en l’état. Enfin, une collection de "livres lus" vient d’être mise en place, fin 2002, au rez-de-chaussée : elle a fait l’objet d’une création de cote spécifique et s’intègre - pour le moment -, en "tête de gondole" au milieu de la littérature. Enfin, les ouvrages strictement professionnels sont, par dérogation à ce qui vient d’être dit, classés sous la cote FP (deux signes seulement) sans autre sous-classement (mais ce serait possible) et tenus à disposition des lecteurs derrière le comptoir de renseignements du premier étage. La médiathèque ne comportant pas de "salle d’étude" les usuels sont classés à leur place en rayon avec la mention "uniquement sur place" affichée au dos et comportant, au niveau du système informatique, un code qui en interdit le prêt à domicile.
L’établissement compte 1 860 mètres carrés de plancher, quatre niveaux, emploie trente personnes physiques pour 26,4 équivalent plein temps et réalise annuellement environ 500 000 transactions depuis son ouverture (un peu moins la première année). La collection s’établit comme suit : 70 000 ouvrages adultes, 15 000 ouvrages jeunesse, 16 000 disques laser, 6 000 vidéos, 900 méthodes de langues, 1 000 partitions, 1 850 titres de périodiques. L’introduction du DVD est prévue pour le 1er semestre 2003 ; ce support est destiné à remplacer, à terme le VHS et ne fera pas l’objet d’un traitement différent. Quant aux cédéroms, ils ne sont guère représentés, pour le moment, que dans les méthodes de langues : le classement de cette collection fait, au sein du réseau, l’objet d’une réflexion visant à uniformiser la présentation de ce type de documents. On a constaté en effet que la vingtaine d’établissements qui en proposent ont chacun établi un système dont la lisibilité et la cohérence (en terme de réseau) manque d’unité. Si le support cédérom devait être proposé, je pense qu’il serait mis en place en rayon sur la tablette de la discipline concernée et traité en Coda comme n’importe quel ouvrage.
Le système Coda, dans l’esprit de ses fondateurs, ne devait pas avoir d’autre représentant au sein du réseau parisien des bibliothèques. Il a été exporté, à ma connaissance à la satisfaction générale, à Saint-Apollinaire, à côté de Dijon.
Et un mot de bilan : les lecteurs sont contents du système
Michel Breton /micheljacques.breton@libertysurf.fr
Réf. biblio
Mémoire ENSSIB de Gérard Barthélémy sur "L’innovation à Edmond-Rostand".
Rapport de stage Hélène Morice à l’IUP de Saint-Cloud.
(ces deux références sont introuvables sur le web et ailleurs en tout cas por la première….hélas)
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